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Articles complets hiver 2012

L'État doit garder la responsabilité de la gestion des ressources naturelles

Mot du président-directeur général


dan-tolgyesi-croise
Par Dan Tolgyesi, président-directeur général
Association minière du Québec 

 

Au moment où reprennent les activités de la session parlementaire à Québec et l’étude du projet de loi 14, l’Association minière du Québec tient à rappeler sa préoccupation à l’endroit des amendements apportés en décembre au projet de loi sur la mise en valeur des ressources minérales dans le respect des principes du développement durable. Elle rappelle au gouvernement que c’est à l’État qu’incombe la responsabilité de la gestion des ressources naturelles.

Pour l’AMQ, les amendements proposés introduisent une certaine confusion qui risque de susciter un climat d’incertitude des investisseurs dans le régime minier québécois.

L’AMQ considère qu’il incombe à l’État d’avoir la responsabilité de gérer les ressources naturelles, notamment les ressources minérales pour le bien de l’ensemble des Québécois. L’État doit absolument garder le contrôle car c’est une de ses principales responsabilités afin de protéger l’intégrité du territoire et de maintenir son développement économique.

L’Association considère aussi qu’il n’est pas nécessaire de soustraire systématiquement des territoires au développement minier alors que le projet de loi vise justement à assujettir tous les projets miniers à une étude d’impact environnemental du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui est certainement apte à pouvoir évaluer les projets à leur mérite tout en intégrant les préoccupations de la population.

Par ailleurs, plusieurs municipalités s’opposent elles-mêmes à ce droit de veto, puisqu’elles affirment ne pas avoir l’expertise ni les moyens financiers pour juger du bien-fondé d’un projet dont les retombées dépassent largement les limites municipales.

L’AMQ espère que les orientations proposées par le projet de loi 14 ne viendront pas anéantir les efforts que l’industrie et le gouvernement apportent  au développement minéral.

 

 

 

Vision stratégique pour l'Association minière du Québec

dominique-dionne 
Par Dominique Dionne
Présidente du conseil d’administration

 

Le Québec vient d’entreprendre une décennie parmi les plus fécondes de son histoire en matière de développement minier. Les enjeux auxquels fait face l’industrie minière évoluent, l’Association minière du Québec aussi.

En 75 ans, l’Association a créé différents comités pour organiser son action. Certains de ces comités ont fusionné ou sont disparus. D’autres naissent ou se modifient pour s’adapter aux enjeux présents et futurs.

Aujourd’hui, les tendances sociales, économiques et politiques affectent le secteur minier à des niveaux sans précédent, obligeant ainsi les sociétés minières à intégrer des scénarios plus complexes dans leur planification stratégique.

Il en est de même pour l’Association minière du Québec qui, depuis le début de l’automne 2011, est engagée dans une démarche de vision stratégique.

L’objectif d’une telle démarche est de préciser la nature des nouveaux enjeux stratégiques auxquels l’industrie est confrontée afin de définir un nouveau plan stratégique quinquennal et de recentrer les activités de l’Association pour mieux représenter ses membres dans tous les domaines affectant les enjeux de l’industrie.

Pendant l’année 2012, le conseil d’administration de notre Association sera donc invité à se pencher sur les grandes conclusions qui émaneront de cette démarche stratégique.

 

Le Plan Nord: des perspectives de développement pour un quart de siècle

Économie

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Par Benoît Longchamps

Économiste

Au moment où l’on assiste à une course aux ressources naturelles dans le monde, le Québec est bien positionné avec son Plan Nord pour profiter de la croissance de la demande des métaux et des minéraux.

L’industrie minière est un contributeur majeur à l’économie québécoise. Selon l’Institut de la statistique du Québec, ses investissements, en 2010, ont été de près de 3 milliards $ (2 917 $), ce qui représente une hausse impressionnante de 43 % par rapport à l’année 2009, un nouveau record pour l’investissement minier au Québec et une septième année de croissance ininterrompue du secteur minier québécois.

Pour 2011, les intentions révisées des sociétés minières indiquent un maintien de l’investissement par rapport à 2010 et une augmentation de plus de 40 % pour les travaux d’exploration et de mise en valeur.

Une course aux ressources minérales

Il y avait 24 mines en exploitation au Québec l’an dernier. Les projections les plus récentes citées par le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines portent à 31 le nombre de mines qui seront en exploitation en 2015, et à 35 en 2020.

On assiste à une course aux ressources naturelles; la forte hausse des prix des métaux est engendrée par la demande de la Chine et plusieurs autres pays en émergence, incluant le Brésil, l’Inde et la Russie, qui ont des besoins considérables en métaux.

Le Québec bien positionné avec son Plan Nord

Le Québec est bien positionné dans cette course aux ressources naturelles parce qu’il possède trois forces indéniables : son potentiel géologique et la qualité de sa main-d’œuvre ainsi que sa stabilité politique.

Le Québec est riche de ressources minéralogiques et pourtant, le potentiel minéral de son sous-sol est méconnu. Voilà qui explique la ruée au jalonnement que le Québec continue de connaître depuis quelques années.

Une réelle ruée vers le Nord est en cours. Appuyé par le Plan Nord annoncé par le gouvernement, le Québec compte profiter de la croissance de la demande associée à l’urbanisation et à l’industrialisation de la Chine et des pays émergeants comme moteur de développement économique pour la province. La mise en œuvre du Plan Nord ouvre des perspectives de développement et d’investissement pour au moins un quart de siècle.


Tableau Indice de croissance du PIB par habitant:

PIB_par_pays_2000-16_FMI.pdf

 

Démarche d'intégration du développement durable au sein de l'industrie minière québécoise

Environnement et développement durable

jc-belles-isles

Par Jean-Claude Belles-Isles
Directeur environnement

Dix-huit entreprises minières du Québec participent à une démarche de mise en œuvre du développement durable dans leur stratégie d’affaires et pratiques de gestion.

L’industrie minière constitue l’un des quatre secteurs d’activité économique à s’être porté volontaire pour participer à un projet-pilote du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) et du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE), le projet BNQ 21000, qui vise à mettre en place des programmes de virage vert au sein des entreprises québécoises.

Les entreprises participant à ce projet sont encadrées dans leur démarche par un guide d’implantation facilitant les choix stratégiques de l’entreprise et qui fournit des éléments opérationnels à intégrer dans la gestion. Les entreprises participantes bénéficient également d’un accompagnement stratégique. De plus, elles ont accès à un coffre d’outils qui facilite l’intégration des pratiques de développement durable dans la gestion quotidienne des opérations. Au-delà de l’analyse organisationnelle, la démarche permet aussi de sensibiliser et de mobiliser l’ensemble des intervenants internes et externes au projet de développement durable.

Des entreprises provenant de sept régions administratives du Québec

Les 18 entreprises minières impliquées dans ce projet-pilote du gouvernement du Québec regroupent un total de 25 sites provenant de sept régions administratives différentes.

On retrouve six entreprises en Abitibi-Témiscamingue : les Mines Agnico-Eagle ltée (Laronde, Lapa et Goldex), les Mines Richmont (usine Camflo et mines Beaufor et Francoeur), Canada Lithium (Québec Lithium), Royal Nickel, CMAC-Thyssen et la Corporation minière Alexis (mine Lac-Herbin); cinq dans le Nord-du-Québec : Xstrata Nickel (mine Raglan), Aurizon (mine Casa Berardi), Goldcorp (projet Éléonore), Nyrstar (mine Langlois) et Ressources Métanor (Lac-Bachelor); deux en Montérégie : Rio Tinto Fer et Titane (Sorel) et Omya Canada (usine St-Armand); trois sur la Côte-Nord : ArcelorMittal Mines Canada (mine Mont-Wright et usine de bouletage), Cliffs Natural Resources (Lac-Bloom) et Rio-Tinto Fer et Titane (mine Tio). Enfin, trois autres entreprises proviennent du Saguenay – Lac-St-Jean : IAMGOLD Corporation (mine Niobec); de la Capitale-Nationale : Mines d’or Virginia; et des Îles-de-la-Madeleine (mine Seleine).

Le secteur le plus avancé au Québec

Une étude réalisée par le ministère du Développement économique, de l’Innovation et  de l’Exportation (MDEIE) révèle que le secteur minier est celui qui, tous secteurs confondus, est le plus avancé au Québec dans l’implantation des principes du développement durable.

La prise en compte du développement durable dans les pratiques des entreprises minières au Québec est un enjeu important pour le secteur minier. L’AMQ est activement impliquée à soutenir l’intégration d’une démarche de développement durable auprès de ses membres. Le projet BNQ 21000 permet à l’industrie d’allier ses efforts et d’unifier sa démarche afin de travailler vers une objectif commun; celui de se positionner comme chef de file en développement durable.

 

L'AMQ collabore au Symposium international sur l'environnement et les mines

 Environnement et développement durable

jc-belles-isles
Par Jean-Claude Belles-Isles

Directeur environnement

L’AMQ a participé à l’organisation du Symposium 2011 sur l’environnement et les mines qui s’est tenu à Rouyn-Noranda, en novembre dernier.

Ce symposium est le résultat d’une collaboration entre la Chaire CRSNG Polytechnique – UQAT en environnement et gestion des rejets miniers, l’Unité de recherche et de service en technologie minérale (URSTM), l’Association minière du Québec, le Programme de neutralisation des eaux de drainage dans l’environnement minier (NEDEM), le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), l’Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole (ICM) ainsi que les entreprises minières.

Les objectifs du Symposium visent à partager les connaissances les plus récentes et à discuter des expériences pratiques afin de trouver des solutions pour concilier rentabilité et protection de l’environnement.

Au total, plus de 300 participants provenant du Québec, d’autres provinces canadiennes et d’une dizaine d’autres pays ont assisté à cet événement. Pendant le Symposium, en plus de deux journées de présentations techniques, les participants ont eu l’opportunité de participer à une journée de formation sur la disposition des résidus densifiés et à une journée de visite des installations de la minière Osisko, à Malartic, ainsi qu’aux sites Aldermac et Manitou en Abitibi-Témiscamingue.

 

 symposium 2011

 

Soustraction de 50 % du territoire du Plan Nord à des fins industrielles: l'AMQ fait connaître sa position

Environnement et développement durable

 jc-belles-isles
Par Jean-Claude Belles-Isles

Directeur environnement

L’Association minière du Québec (AMQ) a déposé son mémoire, en novembre dernier, dans le cadre de la consultation publique sur la volonté du gouvernement de soustraire 50 % du territoire du Plan Nord à des fins industrielles. Dans ce mémoire, l’AMQ invite le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, M. Pierre Arcand, à faire preuve de prudence en maintenant le caractère réversible des zones de conservation et de développement non industriel afin de ne pas pénaliser la population québécoise en limitant la découverte et le développement du potentiel de sa richesse collective.

Un engagement gouvernemental qui va bien au-delà des engagements pris lors de la Conférence de Nagoya

Le gouvernement s’engage à étendre, d’ici 2015, le réseau d’aires protégées sur le territoire du Plan Nord de façon à atteindre 12 % de la superficie du territoire visé par le plan gouvernemental, soit l’équivalent de près 28 000 km2 de nouveaux espaces. Le gouvernement s’engage également à mettre en réserve  5 % du territoire du Plan Nord à des fins de conservation de la biodiversité, de protection de l’environnement et pour la réalisation d’activités non industrielles en 2020, et d’augmenter ce pourcentage à 50 % en 2035. L’objectif que s’est fixé le gouvernement du Québec est très ambitieux et va bien au-delà des engagements internationaux pris lors de la Conférence de Nagoya, soit que les États puissent consacrer 17 % de leur territoire terrestre à la conservation.

L’AMQ fait notamment valoir la diversité de la production actuelle des métaux sur le territoire du Plan Nord, la méconnaissance du potentiel géologique dans le nord québécois et la difficulté de prédire la nature des nouvelles substances minérales qui seront recherchées dans 10 ou 20 ans. Voilà pourquoi il est essentiel que les mesures de conservation inscrites dans le projet de loi puissent être révisées périodiquement à la lumière de l’évolution des connaissances scientifiques et technologiques et des besoins en matières premières.

L’industrie minière sur le territoire du Plan Nord

L’activité minière et la production d’énergie sont des activités économiques importantes sur le territoire du Plan Nord. La production québécoise de minerai de fer, d’ilménite, de nickel, de cobalt, des éléments du groupe du platine et de zinc, provient essentiellement du nord. Le territoire du Plan Nord recèle aussi de l’or, du lithium, du vanadium et des terres rares qui sont de plus en plus utilisés dans une multitude de domaines liés aux transports et à la haute technologie. Le potentiel diamantifère du nord est également intéressant. Malgré tout, le potentiel des ressources minérales dans le nord québécois demeure encore très peu connu. L’exploitation minière occupe aujourd’hui une superficie totale d’en peu plus de 400 km2, soit à peine trois centième de 1 %, (0,03 %) du territoire du Plan Nord. Ainsi, avant d’exclure les grands territoires, il est essentiel de poursuivre l’exploration pour saisir tout ce que ce territoire peut offrir comme richesses.

Conclusion

L’AMQ demeure favorable à la protection de certains territoires et au maintien de la biodiversité. C’est dans cet esprit que l’Association minière  appuie l’idée d’adjoindre un caractère réversible aux zones de conservation et de développement non industriel d’intérêt. Les mesures de conservation et d’aménagement du territoire doivent être conçues comme un système dynamique. Ces mesures ne doivent pas se limiter simplement à la protection du territoire, mais doivent aussi permettre un développement favorisant la durabilité de l’économie et le bien-être des gens habitant le territoire. Il est donc essentiel que les mesures de conservation puissent être révisées à la lumière de l’évolution des connaissances scientifiques et technologiques et des besoins de la population.

 

 

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